Il est possible de penser Antiquitées

L'impossible


Lacan définissait le réel (membre de la triade topologique réel, symbolique, imaginaire) comme impossible. Il s'agit ici de penser l'impossible que je nomme absolu. Il s'agit aussi de savoir s'il y a un sens ou non en cet endroit. Et si ce sens absolu est amour, soit ce qui transcende le déchirement et la perte, la solitude et la limitation de l'être.

Enfin il s'agit de savoir quel lien l'absolu, c'est-à-dire l'amour peut avoir avec le sexe. Il s'agit en un mot de l'intégration de l'être physique dans la dimension métaphysique. A partir de laquelle il trouverait son vrai lieu, sa vrai place, son vrai sens.

Il s'agit de libérer l'être, le sujet de l'aliénation du sens rationnel, matériel, comptable, pour le rendre à son absoluité, à sa liberté. L'argent ou l'amour, il faut choisir.

L'amour n'existe que dans et par le déchirement. Il n'est pas dans la satisfaction, le comblement. C'est une positivité paradoxale.

Je ne suis pas catholique, mais c'est en portant la croix dans mon coeur que j'ai découvert l'amour. Lacan est un psychanalyste catholique. Tous ses dires sont basés sur ce substrat culturel et spirituel.

La puissance absolue n'est pas la force (Nietzsche), mais l'amour. L'amour absolu est feu naissant de la division du coeur déchiré. L'amour n'est possible que si le sujet accepte cette division, non comme une limite, mais comme un dépassement de la limite : liberté.

Le tragique est ce qui sauve de l'oubli de l'absolu. De son refoulement imbécile et réducteur.

La vérité est feu (Héraclite). Et ce feu au jour du jugement, il est annoncé qu'il embrasera le monde. Cette prophétie n'est en rien spécifiquement chrétienne. On la retrouve chez Zarathustra, chez les stoïciens, chez le prophète Mohammed.

Le jour du jugement est un temps symbolique, mythique, en dehors de l'histoire. Il correspond à l'état absolu du monde. A son aspect révélé. Il est donc en fait toujours présent.

Le cheminement de notre pensée ne pouvait que mener là où elle péri. C'est-à-dire que nous l'avons consumé et que nous en sommes purifié, libéré. Elle n'est plus alors que déchet.

C'est la solution que je donne à la question de la passe, soit au moment de la conversion de l'impossible en possible. Ma solution est subjective et ne saurait faire l'objet d'un examen pour lequel il faut un maître. Je m'en passe en en trouvant la fonction dans son manque même.