Il est possible de penser Antiquitées

Deuxième État



A quoi s'en prennent les "jeunes" de nos banlieux, quel est l'objet de leur haine aveugle ?

Sont-ils des iconoclastes qui feraient périr par le feu nos idoles ? Quand on s'attaque à des bus, à quoi s'attaque-t-on ? Aux symboles du lieu commun, à ce qui nous réuni tous : la République.

Pourquoi ? Parce-qu'ils s'en sentent exclus et donc veulent en dénoncer le mensonge ? Ou bien parce que cela est aussi la Loi Commune qui fait tâche dans leur monde limité, clanique et tribal ?

Je ne crois pas qu'ils s'attaquent à une injustice dont ils seraient les victimes. Plutôt veulent-ils affirmer leur puissance et pour cela il s'agit de mettre à bas tous les symboles de l'autorité, c'est-à-dire de la République.

Quel scandale en effet que d'obéir à une loi commune ! N'est-ce-pas eux qui depuis toujours, dans leur famille, à l'école, dans leur quartier font et défont la Loi ?

Alors que faut-il faire ? Il faut sortir de l'idéologie libérale qui mène notre monde commun à la ruine et mettre à sa place une pratique authentiquement démocratique. Cela passe par une véritable révolution qui si elle ne vient pas, sera remplacée par une véritable réaction.

Ces actes d'agression contre la république sont un symptôme. Nous habitons un monde en mal de citoyenneté, de pensée politique, de souffle démocratique.

L'autorité se dissout. Ce qui n'est pas forcément un mal. Mais dans ce vide qui s'ouvre s'engouffre toutes sortes de choses, positives et négatives. A nous d'en faire le tri et d'avoir le courage de le faire, même si ça fait mal.

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Il n'y a pas que nos banlieux. Il y a aussi le vaste monde, les États et leurs relations internationales : là aussi ça va mal. Depuis toujours diront certains. Quoi de plus récurrent que la guerre en effet, sinon l'injustice et l'inégalité ?

De cet état du monde pourtant, faut-il se contenter ou bien jamais ? Il y a ceux qui consentent et les autres, pauvres clowns dans le cirque de l'histoire. Comment sortir de cet enfer ? Surement pas par la prière !

La logique de l'État c'est la puissance. Et cela dans un monde ouvert, aux distances quasiment illimitées, ce peut être un facteur de progrès, mais dans un monde fermé, ce n'est plus possible. Nous sommes condamnés à nous entendre avec nos voisins : nous sommes condamnés à partager ce monde commun, de plus en plus réduit. Car l'espace comme le temps est relatif. La vitesse et le flux des relations ne cessent d'augmenter. Peut être d'ailleurs est-on parvenu à un palier indépassable, une limite absolue. On pourra sans doute améliorer les moyens de communication actuels, mais pourra-t-on en inventer de radicalement nouveaux ? Je ne crois pas. L'histoire du développement mondial s'achève sous nos yeux. Le monde devient UN.

Cela veut dire qu'il nous faut inventer une nouvelle manière de faire de la politique, de penser l'État. Et cesser avec cette obsession de la puissance (nucléaire).

A la place, ne pourrait-on pas commencer à penser la communauté de l'être ? la communauté mondiale des États terrestres ?

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Les questions locales (banlieux en feux) et internationales (guerres) se recoupent. L'unification du monde est à présent quasiment achevée. Nous trouverons la solution de nos problèmes nationaux sur le plan international (et vive versa).

Alors commençons dés à présent...