Antiquitées

Quoi de neuf Zarathustra ?
20/10/2006




Le Nom

Le nom de Zarathustra signifierait : "Celui qui possède de vieux chameaux". On ne peut rêver nom plus exotique ! Mais il est permis à partir de cette donnée de faire quelques réflexions :

1) Des noms du même type sont-ils attestés, où et quand ?

2) Ce nom semble conforter l'authenticité de Z. En effet, pourquoi aurait-on donner un nom si particulier (et peu reluisant) à un fondateur mythique ?

3) Si ce nom est exact, il implique que Z vivait dans une société pratiquant l'élevage du chameau. Ce qui est notoire pour les Parthes. Confer la "frise des tributaires" à Persépolis, où une délégation de ce peuple apporte en tribut des chameaux.


Le contexte socio-économique

Dans les Gâthâs de Z, les éleveurs sédentaires (ils prennent soin des prairies et répandent du purin), sont opposés à un peuple ou une caste qui elle prends le boeuf comme objet de sacrifice et plus prosaïquement comme simple nourriture.

Cela ressemble à une révolte de paysans contre une caste de prêtres-seigneurs (les princes-sorciers).


Citations tirées du Yasna 32 (10-12-14) :

Celui-là détruit les doctrines,
qui parle du boeuf et du soleil
comme des pires choses à voir avec les yeux,
dévaste les pâtures,
qui change les purs en méchants,
et lève l'arme contre le juste.

Le Seigneur Sage
a prédit des maux
à ceux qui suppriment
avec des cris d'extase la vie du boeuf,
écartant les hommes par ce bruit,
de la meilleure action,
et qui sont cause que le sacrificateur Grahma
a préféré, à la Justice,
le Mal et l'Empire des possesseurs.

A opprimer ce prophète,
Grahma et les princes-sorciers
emploient depuis longtemps,
tous autant qu'ils sont,
leurs vouloirs et leurs efforts,
parce qu'ils tendent à aider le méchant
et qu'il a été dit :
"Il faut tuer le boeuf,
pour rendre propice à notre profit
l'éloigneur de mort".

Traduction des Gâthâs (avec quelques modifications personnelles) :
Jacques Duchesne-Guillemin : Zoroastre, étude critique avec une traduction commentée des Gâthâs - Éditions G.P. Maisonneuve et Laroze - Paris - 1948.